Les solutions contre la faim dans le monde

Introduction

La faim dans le monde n'est pas une fatalité. Il existe des moyens à mettre en œuvre pour l'éradiquer. Ces stratégies passent par une réorientation des systèmes agricoles visant à privilégier le développement durable*. Stratégies où les organismes humanitaires ont un rôle à jouer en œuvrant pour promouvoir une agriculture durable*, pour instaurer des mesures visant à élargir l'accès à la nourriture pour tous, pour améliorer l'économie locale et contribuer à la sécurité alimentaire. Il faudrait toutefois qu'un cadre politique, de gouvernance mondiale crée un environnement favorable en encourageant la paix, la stabilité macroéconomique et en définissant les domaines prioritaires d'un programme de lutte contre la faim.

Le développement durable

Si on veut réduire l'incidence de la faim dans le monde, il faut tenir compte du fait que l'agriculture joue un rôle déterminant dans les stratégies de lutte contre la faim et la pauvreté. En effet, l'agriculture est un moyen de subsistance mais aussi elle génère des emplois et un revenu aux populations rurales.

Il apparaît donc nécessaire d'accroître la productivité des terres pour nourrir une population mondiale croissante.

Hélas, l'essor de l'agro-industrie* pour l'agriculture productiviste a nécessité un recours massif aux intrants chimiques* et ont entraîné une dégradation des écosystèmes*, une pollution aux nitrates, une surconsommation d'eau et des émissions de gaz à effet de serre*. Cette agriculture intensive* exige une mécanisation accrue donc une perte d'emplois et un exode rural. (Par exemple, dans de nombreux pays du Sud, des multinationales ou de riches propriétaires ont pris possession de terres immenses dans le but de maximiser les rendements au détriment d'une main d'oeuvre locale disponible).

C'est dans ce contexte que l'agriculture durable semble, aux yeux des experts (environnementaux et agricoles), être un moyen d'augmenter l'approvisionnement alimentaire mondial en éradiquant la famine sans détruire la planète.

En effet, même si les agriculteurs qui s'orientent vers une production biologique* ont un rendement inférieur d'environ 20% par rapport à l'agriculture conventionnelle (à cause de la rotation des cultures et de la suppression d'intrants chimiques) dans les premières années, cette différence tend à diminuer voire à disparaître complètement dans les pays les plus pauvres où se concentrent les problèmes de famine. Les méthodes naturelles employées dans ces zones où l'accès aux intrants est restreint implique moins de risques économiques et plus d'avantages sociaux.

Il apparaît indispensable, désormais, d'améliorer le travail des petites exploitations agricoles dans les régions touchées par la pauvreté pour faire reculer le problème de la faim.

Ainsi cela permettrait d'augmenter les disponibilités alimentaires des familles d'agriculteurs et de favoriser une sécurité alimentaire* qui éloignerait maladies et mortalité. (NB : la consommation d'aliments issus du bio contiennent moins de pesticides, d'antibiotiques, d'additifs que les aliments conventionnels donc sont meilleurs pour la santé).

Si les moyens d'existence de ces familles sont améliorés, ils pourront avoir accès à des connaissances judicieuses sur la façon de produire, sur les systèmes...

Il pourrait y avoir une mise en lien entre les différents partenaires agricoles (les agriculteurs, les éducateurs agricoles et les chercheurs). Ainsi, ils sauraient mieux lutter contre les ravageurs*, connaître la manière d'accroître la matière organique des sols telles certaines paysanneries d'Afrique Sahélo-Soudanienne qui ont planté sur leurs terres des arbres à enracinement puissant (tel l'acacia Albida) . Au pied de ces arbres le rendement est meilleur car leurs feuilles donnent de l'ombre, la chute de ces mêmes feuilles rend le sol plus fécond et fournit aux animaux le fourrage nécessaire à leur survie. La culture au pied de tels arbres aide l'azote à se fixer et permet une meilleure gestion de l'eau.

Exploiter les ressources de la nature, quand il existe des contraintes environnementales comme l'accès à l'eau, permet d'accroître la production agricole. Encore faut-il que la diffusion de ces connaissances soient largement vulgarisées* et répandues auprès des petits exploitants.

De nombreux paysans africains redécouvrent les cultures traditionnelles comme le manioc et le sorgho*, résistants à la sécheresse qui sévit dans la Corne de l'Afrique* et luttent ainsi contre les menaces de la famine.

En Afrique Subsaharienne et en Amérique du Sud où la Révolution Verte n'a pas eu l'impact escompté l'agriculture durable ne constituerait-elle pas une alternative crédible ?

Toutefois, une transition mondiale vers l'agriculture biologique pourrait prendre de nombreuses décennies.

ACACIAS ALBIBA NIGER



Acacia Albiba niger

L'aide et les organismes humanitaires

Divers organismes œuvrent en parallèle pour lutter contre la famine. Ils connaissent très bien les causes de ce fléau et peuvent agir sur les différents points qui permettraient de l'éradiquer.

La FAO (Food and Agriculture Organisation) est une organisation intergouvernementale qui a un rôle majeur dans les efforts mondiaux de lutte contre la faim.

Elle est constituée de 191 pays membres auxquels s'ajoutent ceux de la Communauté Européenne. Elle répond à leurs besoins et à leurs attentes dans ce domaine.

Ces pays se réunissent, débattent et collectent des fonds pour mener à bien des actions concertées.

La FAO n'a pour but que l'accès à la nourriture pour tous, étape primordiale pour assurer aux hommes une vie décente et du travail.

Elle aide aussi les pays à moderniser et à améliorer leurs pratiques agricoles tout en veillant à la protection de l'environnement et en encourageant une agriculture durable*.

Elle veille aussi à ce que les ressources forestières soient préservées car les forêts sont aussi source de subsistance (aliments sauvages, faune, feuilles sauvages comestibles, fruits) pour le bétail et les populations. L'agroforestie* qui associe culture, élevage et plantations d'arbres contribue au développement rural.

La FAO se préoccupe également des ressources halieutiques* (ayant trait à la pêche) autre mode de nutrition qu'il faut préserver.

La devise de la FAO : FIAT PANIS, qui signifie du pain pour tous pourrait être celle d'autres organismes engagés dans cette lutte comme la Croix Rouge par exemple.

La Croix Rouge a défini des actions pour améliorer la sécurité alimentaire des pays d'Afrique en proie à d'autres fléaux qui péjorent le problème de la faim (VIH/SIDA, conflits, conditions climatiques, augmentation de la population..)

Ses actions tendent à assurer de la nourriture saine pour tous grâce aux cultures, à favoriser l'accès à cette nourriture et à donner aux populations des informations sur les qualités nutritionnelles des denrées. Car promouvoir les ingrédients locaux peut non seulement augmenter les revenus des fermiers mais aussi nourrir efficacement les plus démunis. Ainsi, les feuilles du moringa*, réduites en poudre et incorporées à la nourriture constituent une aide grâce à la richesse des nutriments et protéines dont elles sont dotées.

ACTION CONTRE LA FAIM est, quand à elle, une ONG* (organisation non gouvernementale) qui a comme priorité, elle aussi, la sécurité alimentaire et au-delà, la survie des populations en situation précaire. Mais pas uniquement : elle souhaite travailler sur la durée, sur une stratégie globale et permettre aux pays, après la crise, d'accéder à l'autosuffisance alimentaire. Elle est persuadée que grâce aux ressources locales et rurales, il est possible de constituer des réserves alimentaires qui permettront d'éviter une flambée des prix en cas de faibles récoltes.

Les projets à court terme comme les yaourts enrichis en nutriments que Danone a commercialisé au Bangladesh ou la campagne KFC encourageant ses clients à faire des dons au PAM (programme alimentaire mondial) sont certes des actions honorables et efficaces mais ne résolvent que momentanément le problème de la famine. D'où la nécessité d'une stratégie globale, sur le long terme.

PLANETE URGENCE, autre ONG, travaille en étroit partenariat avec les populations locales en précarité économique et sociale en leur apportant son savoir et ses compétences.

Toutefois l'aide humanitaire a ses limites et en particulier dans la Corne de l'Afrique* et ses états (Somalie, Djibouti, Ethiopie, Erythrée, Sud Soudan, Ouganda).

Cette péninsule connaît actuellement une grave crise alimentaire dûe à une sécheresse sans précédent. Les secteurs de l'agriculture et de l'élevage, premières ressources économiques de cette région, sont sinistrés. Le travail et l'aide des ONG sont rendus impossibles du fait de l'insécurité qui règne dans certaines zones à cause des guerres civiles. D'ailleurs, des insurgés islamistes leur ont interdit l'accès du Sud de la Somalie.

ACTED et SADO, deux organismes humanitaires en place, qui palliaient aux besoins alimentaires en fournissant de la nourriture et des intrants agricoles ont dû renoncer à apporter leur aide dans ces zones trop dangereuses devenues inaccessibles. Conséquence ? Des millions de morts.

 

fao-1.jpg

Les actions politiques

Les ONG, syndicats et coopératives ont certes un impact sur la lutte contre la faim mais leurs actions dépendent des choix politiques engagés par les gouvernements et de leur implication.

Ainsi que nous l'avons souligné, en ce qui concerne la Corne de l'Afrique, le problème de la faim paraît insoluble tant que des guerres civiles où des conflits viennent compromettre l'aide humanitaire. La première condition pour la mise en place de programmes efficaces et durables est la stabilité politique. Le gouvernement se doit d'assurer la paix. Une bonne gouvernance est essentielle pour réduire la pauvreté de manière durable, assurer la sécurité alimentaire et la croissance économique. La stabilité politique, de surcroît, encourage les investissements et décourage la fuite des capitaux. Les gouvernements devraient suivre les préconisations de la FAO en investissant dans le secteur agricole et plus particulièrement dans l'agriculture locale pour permettre aux petites exploitations de s'ouvrir aux marchés.

Il faut que les pouvoirs publics fassent respecter les normes sanitaires, phytosanitaires et environnementales en étant attentifs à la dégradation des écosystèmes. Il est nécessaire de privilégier la conservation des ressources naturelles telles l'eau (produit rare qui doit être utilisé avec efficacité), les terres malmenées par le système productiviste, les forêts, la pêche et l'écosystème marin.. D'où la nécessité de faire respecter les accords mondiaux interdisant certaines pratiques nuisibles.

La réponse des états à la faim dans le monde doit bien évidemment être aussi une réponse financière. Les plus démunis ont besoin de nourriture immédiate. Il faut également des moyens logistiques efficaces et s'assurer que la nourriture soit distribuée. Des bons pour acheter des aliments pourront être alloués pour accroître le pouvoir d'achat et améliorer l'accès à la nourriture.

Mais avant tout, les gouvernements doivent anticiper les crises alimentaires pour éviter la flambée des prix de la nourriture. Il faut que les récoltes soient stockées. Elles constitueront des provisions de sécurité et permettront que les cours restent stables.

La protection sociale, des allocations spécifiques pour soutenir les paysans durant les périodes difficiles, une augmentation des salaires minimum réduiraient les inégalités et permettraient une réduction de la pauvreté et donc de la faim.

 

Le droit à l'alimentation pour tous est un sujet de préoccupation mondiale où chacun a son rôle à jouer, des ONG aux pouvoirs politiques sans oublier chacun d'entre nous qui à sa façon, ses propres moyens, peut contribuer à cette lutte par un don, une offre de bénévolat, un effort pour préserver les potentialités de la nature. Le droit à l'alimentation est une revendication légitime pour tout être humain.

 

tpe-tpe-1.jpgtpe.gif

Lexique


L'agriculture durable est l'application à l'agriculture des principes du développement durable. Il s'agit donc d'assurer la production de nourriture, de bois et de fibres en respectant les limites écologiques, économiques et sociales qui assurent la durabilité dans le temps de cette production.


Développement durable : c'est une conception de croissance qui a pour objectif de répondre aux besoins des générations actuelles et futures sans porter atteinte aux aspects écologiques de notre planète. Dans la pratique, cela signifie que l'homme peut utiliser les éléments naturels qui l'entourent tout en les préservant et en assurant leur renouvellement.

Agro-industrie : Ensemble des industries fournies par l'agriculture ou produisant pour elle.


Productiviste :Attitude qui consiste à privilégier le développement de la production et à chercher avant tout une amélioration de la productivité.

Intrants :En agriculture, les intrants sont l'ensemble des produits qui ne sont pas naturellement présents dans le sol et qui y sont rajoutés afin d'améliorer le rendement de la culture.


Un écosystème comprend un milieu, les êtres vivants qui le composent et toutes les relations qui peuvent exister et se développer à l'intérieur de ce système.

Les gaz à effet de serre sont les gaz, tant naturels que d'origine humaine, présents dans l’atmosphère qui absorbent le rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre, l'atmosphère et les nuages et à leur tour l’émettent dans l’atmosphère. Cette propriété consistant à « piéger » la chaleur dans l’atmosphère est à l'origine de l'effet de serre, lequel empêche la Terre de se refroidir.

 

L'agriculture intensive est un système de production agricole caractérisé par l'usage important d'intrants, et cherchant à maximiser la production par rapport aux facteurs de production, qu'il s'agisse de la main d'œuvre, du sol ou des autres moyens de production (matériel, intrants divers).
Elle est parfois également appelée agriculture productiviste. Elle repose sur l'usage optimum d'engrais chimiques, de traitements herbicides, de fongicides, d'insecticides, de régulateurs de croissance, de pesticides..

Production biologique : est une méthode de production agricole basée sur le respect du vivant et des cycles naturels, qui gère de façon globale la production en favorisant l'agrosystème mais aussi la biodiversité, les activités biologiques des sols et les cycles biologiques.


Sécurité alimentaire :Garantie que la consommation d'un produit alimentaire ne risque pas d'avoir de conséquence néfaste sur la santé des consommateurs. L'entreprise a une obligation de résultats et doit avoir mis en place les méthodes nécessaire pour la garantir jusqu'à la consommation. 

Un insecte ravageur est un insecte nuisible pour les cultures agricoles, pour les arbres et la végétation en général.


Vulgariser :Rendre accessible à tous.


Sorgho:plante herbacée, de la famille des Graminacées, cultivée dans les régions tropicales ou chaudes d'Asie, d'Afrique, des États-Unis et même d'Europe, comprenant de nombreuses variétés utilisées soit pour l'alimentation humaine (sorgho-grain, sorghos à sirop) ou animale (sorghos fourragers, sorghos sucrés), soit pour des usages divers (fabrication de balais, teintures, papier).


Le manioc est une plante dont les tubercules servent essentiellement à nourrir tous les peuples noirs de l'Afrique; mais c'est une culture dispersée et qui est loin d'avoir l'importance du sorgho.


La Corne de l’Afrique est une péninsule de l’Afrique de l’Est qui s’étend depuis la côte sud de la mer Rouge jusqu’à la côte ouest de la mer d’Oman, en passant par le golfe d’Aden et dont la forme, sur une carte, évoque une corne de rhinocéros


L'agroforestie est une activité associant sur les mêmes parcelles une vocation mixte de production agricole annuelle (cultures, pâture) et de production différée à long terme par les arbres (bois, services).


Halieutique : qui a trait à la pêche.


Moringa est un arbre à usages multiples résistants à la sécheresse, originaires d'Inde et d'Afrique. Ces arbres sont faciles à multiplier par semis et par bouturage et certains, comme Moringa oleifera, ont une croissance très rapide et fructifient dès la première année.


ONG :Abréviation de « organisation non gouvernementale », organisation dont le financement est essentiellement privé et qui se consacre à l'aide humanitaire





6 votes. Moyenne 3.50 sur 5.

Ajouter un commentaire

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site